Journal / Ni bio, ni upcyclés, nos vêtements sont 100% recyclés

Ni bio, ni upcyclés, nos vêtements sont 100% recyclés

 

Bio, upcycling, recyclage, il y a beaucoup de façons d’améliorer la manière de fabriquer des vêtements. Chaque marque qui décide de s’engager pour une mode responsable fait des choix en fonction de ses convictions, ses connaissances, ses moyens ou des opportunités qu’elle rencontre. Il n’y a pas une seule vérité, toutes les initiatives sincères ont leur place.

Dès lors, il est nécessaire d’être transparent envers nos consommateurs sur ce que l’on fait, pourquoi on le fait et sur ce que nous avons choisi de ne pas faire. Ce n’est pas toujours simple et c’est l’objet de cet article !

Chez LATER, nous n’utilisons pas de matières bio,
nous ne faisons pas d’upcycling,
nous n’utilisons pas de rouleaux de tissus neufs inutilisés.

Chez LATER nous fabriquons nos vêtements uniquement à partir de fibres issues de textiles usagés.

Concrètement, notre filateur défibre de vieux vêtements inutilisables en l’état, en fait des nouvelles bobines de fil (sans ajouter de matières vierges ni de teintures) qui servent ensuite à fabriquer de nouveaux tissus tout beaux, tout neufs.

Pourquoi avons-nous choisi de n’utiliser que des matières recyclées ?

Des millions de tonnes de fibres textiles usagées ne demandent qu’à servir. Rien qu’en France, 100 000 tonnes de vêtements sont jetés chaque année et ce chiffre n’est pas prêt de s’arrêter de croître. 

La culture et la production de fibres vierges représentent en moyenne 49% de l’impact CO2 de la confection d’un vêtement (Source : Etude McKinsey Fashion on Climate). Selon une étude du cycle de vie réalisée par le cabinet ‘Systèmes Durables’ (source ACV Ecopure), la production du fil recyclé que nous utilisons diminue de 98%  les impacts environnementaux (consommation ressources, impact CO2, pollution de l’eau) par rapport à des fils équivalents avec des fibres vierges.

Dans notre cas, l’utilisation de matières 100% recyclées divise donc par 2 l’impact global de la confection de vêtements.

Si le tissage et la confection restent consommateurs de ressources, nous réalisons ces étapes en France et en Europe pour limiter l’impact généré par le transport. 

Les procédés de recyclage textile s’améliorent en permanence. Aujourd’hui, les technologies mises au point par nos filateurs permettent de fabriquer des fils uniquement à partir de fibres recyclées, en conservant les caractéristiques nécessaires pour en faire des tissus de qualité.

Dans une logique d’économie circulaire, notamment décrite dans le rapport de la fondation Ellen Mac Arthur, à qualité équivalente, nous préférons toutes les options où aucune nouvelle matière n’est produite.

Et si vous voulez savoir pourquoi 100% et pas 80%, nous vous l’expliquons ici.

Pourquoi ne pas utiliser des matières issues de l’agriculture biologique* ?

La conversion vers une agriculture biologique est essentielle pour notre futur. Que nous parlions d’alimentation ou d’industrie textile, la conversion de toutes les cultures doit être accélérée. 

Si ce mode de production consomme beaucoup moins d’eau (au moins 50% de moins pour le coton) et pollue moins les sols, il continue d’utiliser beaucoup de ressources non renouvelables (notamment de l’eau) et de générer des impacts carbone importants..

D’autre part, la traçabilité est essentielle pour nous. L’industrie textile a été marquée par de nombreux scandales de sous-traitance en chaîne et d’informations consommateurs erronées. Si certains labels fiables peuvent nous donner des indications, nous souhaitons pour le moment être en contact direct avec tous nos partenaires et vérifier par nous même le respect des engagements environnementaux et des conditions de travail. Cela n’est pas envisageable pour nous aujourd’hui sur des lieux de culture situés à plusieurs dizaines de milliers de kilomètres de la France.

Et utiliser des rouleaux de tissus neufs non utilisés* ?

Nous n’utilisons que des tissus 100% recyclés et avons fait le choix de ne pas acheter de rouleaux neufs non utilisés.

Pour tout vous dire, c’est une question que nous nous posons souvent. Utiliser ces stocks dormants nous ouvrirait un plus grand choix de tissus, des coûts plus bas, une plus grande réactivité,…

Notre objectif est de montrer qu’un modèle circulaire de l’industrie textile est possible. Utiliser des chutes de production, va tout à fait dans ce sens. 

Cependant, le marché actuel de stocks de tissus inutilisés (dead stock) est très largement alimenté par les comportements de surproduction. Acheter ces tissus et donc les revaloriser revient à supporter ces logiques excessives, à s’inscrire dans ce modèle où sur-produire coûte moins cher que de rater une vente. Bref, à rentrer dans le système que nous cherchons à déconstruire.

Aujourd’hui nous ré-utilisons déjà nos propres chutes de production dont nous maîtrisons l’origine..

Et quid de l’upcycling* ?

Réutiliser des pièces de plusieurs vêtements pour en faire un nouveau. On adore ! on envisage d’en faire quand on récupérera des vieux vêtements LATER… mais pour l’instant c’est un peu tôt 😉

C’est un modèle artisanal qui existe dans beaucoup de secteurs, qui requiert d’autres compétences. Mais c’est une autre façon de faire du neuf avec du vieux !

Être radical pour faire bouger les lignes

Nous ne faisons pas de concession dans la manière de produire nos vêtements. Nous n’utilisons que des matières 100% recyclées. Nous sommes radicaux dans nos choix et notre vision entrepreneuriale.

Ce positionnement ajoute des contraintes, allonge les délais de production, et coûte aussi plus cher… Mais c’est palpitant, enrichissant (humainement ;-)), ça fait réfléchir, bouger les pratiques et c’est surtout indispensable si l’on veut continuer longtemps à se faire plaisir en s’habillant. Aussi longtemps qu’on prendra soin de notre environnement…

* Quelques définitions wikipedia

Bio

Un vêtement biologique est un vêtement fabriqué à partir de matériaux cultivés dans le respect des normes de l’agriculture biologique (coton, de jute, de soie, de lin ou encore de laine), qui respecte certaines normes interdisant par exemple les herbicides, les pesticides chimiques, ou les OGM.

(wikipedia)

Upcycling

L’upcycling consiste à utiliser des objets et des matériaux destinés à être jetés pour les réintroduire dans la chaîne de consommation, après leur avoir redonné une valeur, une utilisation différente, une destination originale par rapport à celle qui était originellement la leur. Des vêtements upcyclés sont fabriqués à partir de pièces de tissus provenant de plusieurs vêtements usagés.

(wikipedia)

Deadstock

Les marques qui sourcent leur tissus dans les deadtsock fabrics -littéralement « tissu de stock mort » en français, se rendent dans des manufactures, des locaux de grandes marques ou parfois même des stations de tri pour récupérer des tissus neufs qui ne vont pas être utilisés et donc jetés. Elles sauvent ainsi ces matières du gaspillage et gèrent leur production en fonction de la quantité de tissu récupérée.